Fashion Interview series

DENIM DAYS INTERVIEW / Quint Verhaart

Du 17 au 23 Avril dernier se tenaient à Amsterdam les Denim Days, un véritable terrain de jeu pour les ‘ denim enthusiasts ‘ à travers la ville. Entre denim market place, évènements au cœur des shops de la capitale, et salons (le Blue Print Festival), on découvrait en avant première les prochaines collections et capsules des plus grands acteurs du marché (comme Wrangler ou Tommy Hilfiger) mais aussi les travaux de jeunes designers de talents.

C’est à ces derniers que je me suis particulièrement intéressée. En partenariat avec Kings of Indigo, ils ont retravaillé des pièces en jean ultra classiques pour aboutir à des travaux uniques. J’ai pioché ci et là mes pièces préférées pour les associer à ce que je portais ce jour là, ensemble, nous avons improvisé un shooting et je tenais à en savoir plus sur ces créateurs en devenir.

Alors, tout d’abord, rencontre avec Quint Verhaart, un néerlandais venu étudier la mode à l’Académie de Willem de Kooning. Sa création ? Ce bomber oversize, dont les manches se finissent comme la braguette d’un jean.

The Denim Days, a real playground for denim enthusiasts across the city of Amsterdam, were held from 17th to 23rd April. Between denim market places, events at the heart of the capital’s shops, and trade shows (the Blue Print Festival), we discovered the forthcoming collections and capsules of the biggest actors in the industry (like Wrangler or Tommy Hilfiger), but also the work of young talented designers.
I was particularly interested in them. In partnership with Kings of Indigo, they reworked ultra-classic denim pieces to achieve unique couture pieces. I picked my favorite ones here and there to associate them with what I was wearing that day, together we improvised a photoshoot and I wanted to know more about these designers.


So, first of all, I met Quint Verhaart, a Dutchman who came to study fashion at the Willem de Kooning Academy. His design? This oversized bomber, whose sleeves end like the fly of jeans.

Peux tu te présenter en quelques mots ?

Je vis à Rotterdam, j’ai 22 ans, et je me considère comme un explorateur de volumes abstraits au cœur de la mode. Un designer expérimental à la recherche de nouvelles manières d’inventer des silhouettes expressives et des textiles toujours plus conceptuels.

Où as-tu étudié ?

J’ai d’abord étudié au Amsterdam Fashion Institute (AMFI), et je suis maintenant à la Willem de Kooning Academy (WDKA).

Pourquoi avoir choisi cette école ?

J’ai choisi l’AMFI parce que je voulais apprendre à la fois l’aspect business et la confection dans le milieu de la mode, mais à la fin de ma deuxième année, j’avais l’impression qu’il me manquait le côté créatif. La gestion du temps et l’expérimentation sont très importants pour moi, alors j’ai décidé de compléter ma formation à la WDKA.

La mode, c’est une passion depuis toujours ?

Je suis passionné de mode depuis 5 ans, quand j’ai découvert que c’était un milieu plein d’émotions, de conscience et d’ouverture d’esprit. Il y a ce paradoxe, on cherche à satisfaire les consommateurs en leur proposant une multitude de vêtements en boutiques, et en même temps on veut leur faire prendre conscience que c’est très dangereux. Je trouve ça très intéressant. Je me tourne davantage du côté conceptuel, je cherche à créer des formes expérimentales, à raconter une histoire. Et je me demande toujours “Qu’est ce qui se passerait si… ?” , comment voit-on le monde quand on se pose cette question ? Moi, ça me donne beaucoup de liberté.


Les parents peuvent parfois être un peu sceptiques quant à l’idée de faire de la mode son métier. C’était compliqué de convaincre les tiens ?

C’est vrai que ça aurait pu être un problème, mais j’ai la chance d’avoir des parents qui pensent qu’il faut faire ce qu’il nous plait dans la vie, sinon pourquoi le faire ? Il faut dire aussi que mon père a créé sa propre entreprise dans le design d’objet, et ma mère était propriétaire d’une pâtisserie, donc le côté créatif et le mode de vie freelance est déjà bien instauré dans la famille.

Est ce que tu considères ce métier comme risqué ?

Chaque métier est risqué, tu peux être ouvrier ou avocat, c’est risqué. Il faut être créatif dans la vie, c’est tout ce qui m’importe. C’est clairement risqué, mais c’est un bon challenge pour moi, j’essaie d’être le meilleur et d’en tirer les bonnes leçons.

Que fais-tu quand tu doutes ?

Quand je suis inquiet au sujet de mon avenir, je me reconcentre sur mon rêve. Quand tu as un rêve, tu as un but dans la vie. Ca me donne la force d’avancer. Sinon, j’écoute aussi du reggae, ça me détend !

Qu’est ce qui t’inspire ?

Je parlerais plus de ce qui me séduit, que de ce qui m’inspire. Tout peut m’inspirer. Quelqu’un en train de parler, ou une forme dans la rue, ça dépend du moment, tout peut être source d’inspiration pour créer. Ce qui me plaît le plus, c’est l’art, les formes, les structures, les contrastes.

Quels sont les designers que tu admires ?

Yohji Yamamoto, Rei Kawakubo. Ce sont deux pionniers, très influents dans l’esthétique japonaise. Ils me surprennent encore grâce à leurs silhouettes, les détails qu’ils travaillent, les matériaux, et leur grande sagesse.

Qu’est ce que tu penses du buzz autour de Vetements ?

Ca ne me séduit pas. Pour moi, ce n’est que de l’affichage de logo, de l’overbranding, créer des fringues sans aucune profondeur. La mode a un sens, un but, une élégance émotionnelle. Ca manque chez Vetements. Je suis un designer conceptuel, ça ne peut pas matcher avec ce qu’ils font.

Et qu’est ce qu’il en est de Supreme x Louis Vuitton ?

C’est un très bon exemple de comment générer de l’argent. Ca n’a aucun intérêt, ça n’a pas d’histoire. C’est encore du branding branding branding, qui rime avec billets billets billets.

Quel pourrait être leur prochain move ?

Ils vont collaborer avec de plus en plus de marques, parce que ça fait de l’argent. C’est comme une sous-culture, maintenant c’est une sous-marque.

Quel est la prochaine tendance d’après toi ?

Je ne suis pas les tendances, je suis un designer qui crée constamment et qui essaie de s’améliorer. Les tendances, c’est la bête noire de la mode. C’est de là que vient la sur-production. Tout ce que je peux espérer c’est que la prochaine tendance soit à la mode durable.

Où tu seras dans 10 ans ?

Avec un peu de chance, je serai head designer dans une grande maison, et je développerai ma propre marque à côté, dans un autre pays, comme les USA, le Royaume-Uni, l’Italie ou le Japon.

Can you introduce yourself in a few words?

At the moment I’m living in the modern city Rotterdam and I’m 22 years old. I see myself as a discoverer of abstract volumes within fashion. An experimental designer who is looking for new possibilities in silhouettes and textiles, who are conceptual and expressive.

Where did you study?

First I studied at the Amsterdam Fashion Institute (AMFI), and right now I am studying at the Willem de Kooning Academy (WDKA).

How did you choose this school among others?

I first studied at AMFI, because I wanted to learn about the business and the confection side of fashion, but at the end of the second year I felt like I was missing the artistic side of fashion. Experimentation and time are the most important things to me, so I decided to go to the art academy WDKA.

Have you always been keen on fashion?

I’ve been keen on fashion since 5 years ago, when I discovered that fashion was a world of awareness, consciousness and emotions. We want to please the society by overproducing with diversity of designs, and on the other hand we want to make them aware that it’s dreadful. It’s a circular paradox, and that’s why it’s really interesting to me. I’m making conceptual statements, new stories and experimental shapes. The question I keep asking is : ‘ What if..? ‘ And how do you see the world when you ask yourself, ‘ What if..? ‘

This gives me freedom to design.


Sometimes parents can be skeptical about fashion as a life time job. Was it difficult to convince yours to let you do it?

True, luckily I don’t have that kind of parents. They think that you have to do what  you like, otherwise why would you do it? ”You’ve gotta live”. Also my dad has his own company as a packaging designer and my mum used to have a pastry shop, so creativity and freelance way of life is already in the family.

Do you consider this job and this choice as a risky one?

Every job is risky, no matter if you choose to become a carpenter or a lawyer. You’ve got to be creative in life, that’s what matters. It is clearly risky, but that makes you challenge yourself, and try to be the best you can and make the best out of it.

What do you do when you feel worried?

When I feel worried about my future, then I will just be thinking about my dream again. When you have a dream, you’ve got a goal to achieve. That gives me the strength to move on. I also listen to reggae music, it makes me feel much better !

What inspires you?

Well, I would more say what attracts me instead of what inspiresme. Because I can get inspired in many ways. Whether someone is speaking or I spot something with an inspiring shape, it depends on the moment, I’m going to use it to create a piece. What attracts me the most are art, shapes, structures and contrasts.

What designers would be your icons, success models? Why?

Designers that are icons to me are Yohji Yamamoto and Rei Kawakubo. These two pioneers are influential in the aesthetics of Japanese designs. They still surprise me overtime with their silhouettes, details, textiles and wisdom.

What do you think about all the Vetements buzz?

I don’t feel attracted at all to Vetements. To me, it feels just like overbranding and creating pieces without any deepness. Fashion has a meaning, a purpose and emotional elegance. I’m missing this at Vetements. Also, I’m a conceptual designer, and that doesn’t fit at all with Vêtements.


What about Supreme and Louis Vuitton getting together, what do you think?

This is a nice example of just making money. It has no meaning, it has no story to me, it’s just branding branding branding, money money money.

What could be their next move? 

They will collaborate with more and more brands, because it makes a lot of money. It is like a subculture, but now it is a subbrand.

What do you think the next big trend is?

I am not a trend follower, but a designer that creates work that is in progress and tries to improve it overtime. Trends are the wrong aspect of fashion I think, because this is why there is so much overproducing. So all I can hope for is that the next trend will be about producing less.

Where do you see yourself in 10 years?

Hopefully working as a head designer at a high end fashion brand, and having my own successful fashion brand in another country, like the U.S, U.K, Italy or Japan.

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